Guide d'aide du calculateur planétaire

Cette page explique de manière claire et complète tous les champs, calculs, cartes de résultats, alertes et visualisations de la feuille calculateur_planetaire.html. Elle sert de guide de lecture : tu peux t'en servir pour comprendre la logique des formules, interpréter les résultats et éviter les mauvaises conclusions.
1. But du calculateurÀ quoi sert la feuille et ce qu’elle cherche à estimer. 2. Paramètres d’entréeExplication de chaque champ de la colonne de gauche. 3. Cartes de résultatsLecture rapide des 6 cartes principales. 4. Tableau de détailsExplication ligne par ligne des sorties détaillées. 5. FormulesSignification exacte des calculs utilisés. 6. Boutons et automatismesCe que font les boutons auto et les sélecteurs. 7. Visualisation du flouComment lire les deux disques affichés. 8. Conseils pratiquesComment utiliser la feuille intelligemment sur le terrain.

1. But du calculateur

Le calculateur répond à quatre questions principales :

La logique générale de la feuille est de partir de la géométrie optique, puis d’estimer la résolution utile, puis de convertir le mouvement de rotation de la planète en déplacement sur le capteur, exprimé en pixels par seconde.

La feuille n’est pas un verdict absolu. C’est un outil d’aide à la décision. Elle est très utile pour comparer des scénarios : autre caméra, autre Barlow, autre diamètre apparent, autre seeing, autre durée de vidéo ou autre latitude de détail.

2. Paramètres d’entrée

Instrument

Planète

Le choix de la planète charge des valeurs par défaut : diamètre apparent typique, période de rotation et inclinaison apparente de l’axe. Cela ne remplace pas une valeur réelle liée à la date d’observation, mais donne une base cohérente.

Diamètre télescope (mm)

C’est l’ouverture utile de l’instrument. Elle sert directement au calcul du pouvoir séparateur, de la focale native et de la résolution instrumentale.

F/D natif

Le rapport focal natif permet de déduire la focale native : focale native = diamètre × F/D.

Barlow / facteur Barlow

La Barlow multiplie la focale. Si elle est cochée, la focale effective devient focale native × facteur. Cela diminue l’échantillonnage en arcsec/pixel et agrandit la planète sur le capteur.

Taille pixel (µm)

La taille des pixels de la caméra intervient dans la formule d’échantillonnage. Plus les pixels sont petits, plus l’échantillonnage devient fin à focale identique.

Critère résolution

Tu peux choisir entre Dawes et Rayleigh. Le calculateur utilise ensuite ce critère comme résolution instrumentale de référence.

Longueur d’onde λ (nm)

Ce champ n’intervient que si le critère Rayleigh est choisi. En Dawes, la valeur affichée n’en dépend pas.

Conditions d’observation

Seeing

Le seeing représente la turbulence atmosphérique. La feuille s’en sert pour calculer R_eff = max(R_instrument, seeing). Cette valeur sert au statut d’échantillonnage et aux boutons automatiques de flou, mais pas à la focale idéale, qui reste basée sur la résolution instrumentale pure.

Valeur personnalisée

Quand tu choisis “Valeur personnalisée…”, un champ numérique apparaît. Cela permet de saisir un seeing plus précis que les préréglages.

Planète & rotation

Diamètre apparent

Il s’exprime en secondes d’arc. C’est une donnée essentielle : plus le diamètre apparent est grand, plus la planète occupe de pixels sur le capteur, et plus la rotation devient sensible.

Système de rotation

Le sélecteur propose différents systèmes selon la planète. Sur Jupiter, par exemple, les systèmes I, II et III n’ont pas exactement la même période. Le champ Période (h) est mis à jour automatiquement, mais il reste modifiable.

Période (h)

Période de rotation utilisée dans les calculs. Plus elle est courte, plus les détails se déplacent vite sur le disque.

Latitude des détails

La vitesse apparente est multipliée par cos(latitude). À l’équateur, la vitesse est maximale. Près des pôles, elle diminue.

Inclinaison axe polaire apparent

Le calculateur applique un facteur cos(tilt). C’est un modèle simple de projection : plus l’axe apparent est incliné, plus le déplacement projeté est réduit.

Paramètres vidéo

Durée d’une vidéo

Durée unitaire réelle d’une capture. Elle sert à comparer ton choix de terrain avec la durée maximale admissible, et aussi au calcul du nombre de vidéos possibles dans la fenêtre de dérotation.

Temps mort entre vidéos

Temps perdu entre deux captures : arrêt, sauvegarde, relance, recentrage. Il allonge le cycle complet et réduit le nombre total de vidéos compatibles dans une séquence.

Flou max – vidéo unique

Flou rotationnel toléré à l’intérieur d’une seule vidéo. La durée maxi d’une vidéo est calculée directement à partir de cette valeur.

Déplacement max – séquence dérotation

Déplacement total toléré entre la première et la dernière vidéo de la séquence complète. Cette valeur sert à calculer la fenêtre maximale de dérotation, donc le nombre de vidéos empilables.

3. Cartes de résultats

Échantillonnage réel

Valeur en seconde d’arc par pixel. C’est l’échelle réelle de l’image. Plus la valeur est petite, plus la planète est agrandie sur le capteur.

Résolution instrument

Valeur issue du critère choisi : Dawes ou Rayleigh. Elle ne tient pas encore compte du seeing.

Focale idéale

Plage de focale recommandée pour travailler à environ 2 à 3 pixels par résolution instrumentale. Elle sert à juger si la focale effective actuelle est trop faible, cohérente ou trop élevée.

Diamètre sur le capteur

Taille de la planète en pixels. Cette valeur conditionne directement la finesse exploitable et la sensibilité à la rotation.

Vidéo unique — durée maxi

Durée maximale d’une seule vidéo pour rester sous le flou rotationnel choisi dans le champ “Flou max – vidéo unique”.

Dérotation — nb vidéos maxi

Nombre de vidéos entières pouvant tenir dans la fenêtre globale de dérotation, compte tenu de la durée d’un film et du temps mort entre deux captures.

Ces 6 cartes donnent une lecture très rapide. Elles permettent de savoir en quelques secondes si la configuration semble cohérente avant même de lire le tableau de détails.

4. Tableau de détails

Focale nativeFocale intrinsèque de l’instrument avant Barlow.
Focale effectiveFocale réellement utilisée après Barlow. C’est cette valeur qui sert pour l’échantillonnage.
F/D effectifRapport focal après Barlow.
Résolution instrumentRécapitulatif de la résolution choisie, avec Dawes et Rayleigh affichés en parallèle.
Seeing / R_effLa feuille compare le seeing sélectionné à la résolution instrumentale et affiche la valeur la plus limitante.
Focale idéale (2–3 px/R)Rappel de la plage de focale cohérente avec la résolution instrumentale.
Pixels par résolutionNombre de pixels couvrant une résolution instrumentale. En dessous de 2 px/R, tu es plutôt sous-échantillonné. Au-dessus de 3 px/R, tu es plutôt sur-échantillonné.
État d’échantillonnageBadge synthétique : sous-échantillonné, optimal, ou sur-échantillonné. La ligne rappelle aussi le rapport E / (R/2).
⚠ AlerteCette ligne n’apparaît que dans certains cas, par exemple si la durée d’une vidéo dépasse déjà la fenêtre de dérotation calculée.
Fenêtre de dérotationDurée totale maximale admissible pour l’ensemble de la séquence destinée à la dérotation.
Vitesse détails au limbeDéplacement des détails sur le capteur, exprimé en pixels par seconde.
FormulesRappel des relations principales utilisées par le calculateur.

5. Formules utilisées

Échantillonnage

E = 206 × P[µm] / F[mm]

E est l’échantillonnage en arcsec/pixel. P est la taille de pixel. F est la focale effective.

Dawes

R_Dawes = 116 / D[mm]

Critère empirique classique de résolution instrumentale.

Rayleigh

R_Rayleigh = 138 × λ[µm] / D[mm]

Critère diffraction dépendant de la longueur d’onde.

Résolution effective

R_eff = max(R_instrument, seeing)

La feuille considère qu’on ne peut pas exploiter plus fin que la pire des deux limites : l’instrument ou l’atmosphère.

Focale idéale

F_idéale = 206 × P / (R / 2) à 206 × P / (R / 3)

Ici, R correspond à la résolution instrumentale choisie, pas à R_eff. C’est un choix volontaire de la feuille : la focale conseillée suit le pouvoir séparateur de l’instrument, tandis que le seeing sert surtout à estimer la qualité réelle des images.

Taille de la planète en pixels

diam(px) = diamètre apparent(") / E

Cette formule convertit la taille angulaire de la planète en taille numérique sur le capteur.

Vitesse des détails

v = π × diam(px) × cos(lat) × cos(tilt) / T_rot(s)

Cette relation estime le déplacement apparent des détails au bord du disque, projeté sur le capteur.

Durée maximale d’une vidéo

T_vid_max = flou_px / v

Plus la vitesse est élevée, plus la durée admissible diminue.

Fenêtre de dérotation

T_séquence = déplacement_max_px / v

Cette valeur représente la durée totale admissible entre la première et la dernière vidéo.

Nombre maximal de vidéos

N = floor((T_séq − T_vid) / (T_vid + T_mort)) + 1

La formule compte combien de vidéos entières peuvent tenir dans la fenêtre de dérotation, en tenant compte du cycle complet d’acquisition.

6. Boutons et automatismes

↺ R_eff / 2 en px

Ce bouton calcule automatiquement une valeur de flou basée sur R_eff / (2 × E). Il convertit donc une demi-résolution effective en nombre de pixels sur le capteur.

Changement de planète

Change plusieurs champs à la fois : diamètre apparent, inclinaison axiale, systèmes de rotation et aide contextuelle.

Changement de système de rotation

Met automatiquement à jour le champ numérique Période (h). Si tu modifies ensuite ce champ à la main, le sélecteur passe en mode personnalisé.

Latitude prédéfinie

Le sélecteur de latitude propose quelques latitudes utiles prêtes à l’emploi. Si tu saisis une valeur manuelle, le preset bascule en “Personnalisé…”.

7. Visualisation du flou

Le calculateur affiche deux disques :

La zone bleue représente la partie considérée comme nette. L’anneau coloré représente l’épaisseur du flou ou du déplacement toléré, rapportée au rayon du disque planétaire. Plus l’anneau est fin, plus la contrainte est sévère.

Le texte sous chaque disque rappelle le flou en pixels et son pourcentage du rayon. C’est important : 1 px n’a pas du tout le même impact sur une planète de 120 px que sur une planète de 450 px.

8. Conseils pratiques d’utilisation

Lecture recommandée

Comment juger l’échantillonnage

Sous-échantillonné Optimal Sur-échantillonné

Un état rouge signifie que les pixels sont probablement trop gros pour exploiter correctement la résolution instrumentale. Un état vert est une zone cohérente. Un état jaune veut dire que tu agrandis plus qu’il n’est nécessaire au regard de la résolution choisie, ce qui peut rester acceptable si le seeing est bon et le signal suffisamment fort.

Attention aux limites du modèle

La bonne méthode consiste à utiliser la feuille pour cadrer une configuration raisonnable, puis à valider sur les vraies données : contraste, finesse, bruit, comportement de l’empilement et efficacité réelle de la dérotation.